« Le Guernica de Picasso : histoire et actualité »

par Robert Poulou
lundi 25 septembre 2017
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Cette conférence est organisée en partenariat avec Argitze le jeudi 5 octobre à 20h30 au Complexe Saint-Louis

En pleine guerre civile d’Espagne, le lundi 26 avril 1937, à quatre heures et demi de l’après-midi, les avions de la Luftwaffe d’Hitler allié au Général Franco larguèrent durant 3 heures 1300 kilos de bombes à fragmentation combinées avec des centaines de bombes sur la petite ville de Guernica en Biscaye.

Guernica abritait alors plusieurs milliers de refugiés qui se repliaient vers Bilbao à la suite de l’armée basque en retraite après les chutes de Durango et de Markina.

Des milliers de morts furent dénombrés, 70% des édifices du centre ville furent détruits. Au cœur de la ville en flammes, le chêne sacré de Guernica restait debout… Le bombardement de Guernica fut le point de départ de la destruction progressive de la résistance du front républicain. Le drame de cette ville rasée fut aussi l’annonce au monde d’une nouvelle ère, celle de la guerre totale, violences maintes fois répétées ensuite durant la deuxième guerre mondiale. 

Peint à Paris la même année par Pablo Picasso pour le pavillon espagnol de l’Exposition universelle de 1937, sur commande du gouvernement républicain de l‘époque, le tableau Guernica est une évocation de la tragédie à nos portes de cette guerre d’Espagne, et plus particulièrement du bombardement de cette petite ville basque.

Picasso jouissait déjà d’un immense prestige international. A partir du mois de mai, il traça sur une immense toile de 3,5 mètres sur 7,8 mètres dans son atelier parisien la première composition du tableau, plusieurs fois remanié jusqu’à son achèvement vers la mi juin 1937.

Avec La Joconde de Léonard de Vinci, le Guernica est sûrement le tableau le plus universellement connu. Symbole de la barbarie et des injustices générées par les guerres, son histoire n’est pourtant pas simple, émaillée par les avatars de la guerre civile et de la période franquiste, puis aujourd’hui par les relations du pouvoir central madrilène avec le gouvernement autonome basque de Vitoria qui revendique aussi le tableau pour la ville martyre.

Guernica dit le drame de la guerre civile espagnole à travers la destruction de cette ville basque du même nom, et révèle la vérité de la barbarie dans un langage universel. Les figures symboliques qui surgissent de la toile, dans un violent clair obscur, créent un sentiment de terreur et de désespoir. « Exilé » au Musée d’art moderne de New York durant une quarantaine d’années, c’est suite à de multiples démarches et négociations qu’il est désormais visible à Madrid depuis 1981, d’abord au Prado puis actuellement au Musée Reina Sofia. Roland Dumas, avocat et ancien Ministre des Affaires Etrangères de François Mitterrand fut l’exécuteur testamentaire de l’artiste. A ce titre, il joua un rôle essentiel sur ce retour.

C’est toute l’histoire de ce tableau exceptionnel que Robert Poulou nous invite à mieux connaître : la place et la signification de cette œuvre sur le plan artistique, mais aussi sa « récupération » et sa mise en valeur par l’Espagne, bref ses errances et son odyssée étonnante. Comme il s’y est prêté déjà par deux fois avec les Amis du Musée de Basse Navarre dans leurs cycles de conférences (L’histoire de la pelote basque à travers les peintres et la vie de Jean Urruty l’an dernier avec son comparse Jeannot Garay), Robert Poulou s’appuiera sur une très riche documentation avec des extraits de la presse de l’époque, de nombreuses photographies, des interviews, des documents filmés. L’actualité du Guernica sera bien sûr mise en valeur, notamment avec un projet cinématographique de Carlos Saura intitulé « 33 dias » dont Antonio Banderas, originaire de Malaga… comme Picasso, sera l’acteur principal.

Grand amateur d’art, responsable de très nombreuses expositions de peinture sur la côte basque et à Arnaga, Robert Poulou, faut-il le rappeler, a été aussi un grand champion de pelote avec de nombreux titres, dont 9 fois au rebot avec la Nozbait d’Hasparren dont il fût le capitaine.